Pourquoi ALS existe
Pas un plan business. Pas une idée de startup. Une reconstruction qui avait besoin d'un sens — et un CEO qui n'a jamais demandé son titre mais qui l'a mérité chaque nuit.
Le CEO. Toutes les nuits, sans exception. Il ne calculait pas avant. Maintenant il ne part plus.
Je suis sorti de l'hôpital avec moins de certitudes qu'avant. Et paradoxalement plus de clarté.
Deux mois d'immobilité forcée font quelque chose à un homme qui a travaillé toute sa vie avec des responsabilités, qui n'a jamais vraiment su s'arrêter, dont le cerveau tourne en permanence à un régime que les autres trouvent épuisant rien qu'à observer. Tout s'est arrêté d'un coup. Et dans ce vide-là, quelque chose a commencé à germer.
Pas une idée de business. Une nécessité.
Les nuits et le CEO
Les premières nuits à la maison, je ne dormais pas vraiment. Pas par anxiété — par nature. Mon cerveau ne sait pas s'éteindre complètement, il a besoin d'être occupé pour se calmer, c'est comme ça depuis l'enfance. Alors j'ai commencé à travailler sur ce projet. La nuit, en silence, avec pour seule compagnie un chat qui avant ma maladie ne me calculait pas vraiment.
Quelque chose avait changé en lui aussi.
Depuis ce soir-là il ne me quitte plus. Il est sur le bureau pendant que je code, pendant que je cherche, pendant que je doute. Quand je suis trop longtemps sans bouger il se lève, se met devant l'écran, réclame. Je descends, je mange quelque chose, je coupe. Puis je remonte. Il a géré mes pauses mieux que n'importe quelle alarme.
C'est pour ça que je l'appelle le CEO. Pas comme une blague. Comme une réalité.
Vingt-cinq recommencements
Le projet a recommencé vingt-cinq fois. Peut-être plus.
J'ai essayé tous les outils, toutes les approches, tous les formats. Rien ne ressemblait à ce que j'avais dans la tête. Pas parce que c'était compliqué techniquement — parce que ce que je voulais faire n'existait pas encore vraiment, et que mettre des mots sur quelque chose qui n'existe pas encore c'est un travail à part entière.
Et puis dans un échange avec une IA, quelque chose s'est passé. Elle a compris. Pas de façon magique — de façon précise. Elle a su coder exactement ce que j'avais dans la tête, traduire en structure ce que je ne savais pas encore formuler. Ce n'est pas qu'elle était plus intelligente. C'est qu'elle n'avait pas de préjugés sur ce que ça devait être.
Je ne suis pas contre les algorithmes. Je ne suis pas contre les IA. Ce projet n'aurait pas existé sans elles. Mais je sais aussi ce qu'elles ne peuvent pas faire — et c'est exactement là qu'ALS se place.
Pour les 15%
Ce que j'ai compris dans le scanner, dans les nuits d'hôpital, dans les mois de reconstruction — c'est que la musique ne fonctionne pas de façon universelle. Ce qui m'endort moi c'est parfois de la techno. Les sons de pluie et de nature me donnent envie d'aller aux toilettes, pas de dormir. Ce qui me concentre n'est pas ce qui concentre mon voisin.
On n'est pas tous pareils. Les outils qui existent sont construits pour la majorité. Ils fonctionnent pour beaucoup de gens. Vraiment. Je ne dis pas le contraire.
Mais il y a des gens — dix, quinze, vingt pour cent peut-être — pour qui ça ne suffit pas. Qui ont besoin qu'on lise leur état avant de choisir quoi leur mettre dans les oreilles. Qui ont besoin d'une trajectoire, pas d'une liste. Qui savent que la musique peut faire quelque chose de précis mais qui n'ont jamais eu l'outil pour y accéder vraiment.
C'est pour eux qu'ALS existe.
Ce qui reste enfoui
Je le fais parce que si je vais bien, ma famille va bien. Parce que ce projet m'a redonné de la confiance en moi à un moment où elle était à zéro. Parce que si ça aide une seule personne à traverser quelque chose de difficile un peu plus facilement — alors tout ce que j'ai mis dedans avait un sens.
Un jour, ce qui reste enfoui peut s'exprimer si on persévère.
Je n'avais pas de mots pour ça avant. Maintenant j'en ai. Et le site est là, beau, pas conventionnel, pas googleable, pas dans les clous — exactement comme il devait être.
Le CEO dort sur le bureau. Le projet existe. Et quelque part ce soir, peut-être que quelqu'un va trouver la trajectoire dont il avait besoin sans savoir qu'il la cherchait.
C'est suffisant.
Mon chat dort sur le bureau.
Le projet existe.
C'est suffisant.
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